lundi 23 avril 2012

Pour retenir les pas de l’aimé

1835, Ary Scheffe, les fantômes de Paolo et Francesca apparaissent devant Dante et VirgileCorneille a écrit « ce que fait l'amour, l'amour aussi l'excuse. », Henry de Montherlant « tout amour est une servitude. », Tolstoï « aimer d'un amour humain, c'est pouvoir passer de l'amour à la haine, tandis que l'amour divin est immuable. » : l'amour ne connaît pas de limite, l'amour est esclavage, par amour on est capable du meilleur comme du pire. Il  y a ceux qui veulent décrocher la lune, ceux qui songent à déplacer les montagnes, mais attention, met en garde Alfred de Musset, « on ne badine pas avec l'amour. ». Jalousie, manque, dépendance, déception... Les maux de l'amour sont légions. Pour retenir les pas de l’aimé, le poème d'amour du jour.

Le Bal des Trépassés : autopsie d'un album foudroyant

Le Bal des Trépassés : autopsie d'un premier albumC'est officiel, le sublime Roméo a enfin planté sa vilaine dulcinée ! Et un beau gosse de plus (qui revient de loin, très loin !) sur le marché (on entend déjà des hordes de furies qui hurlent à la mort « oh ouiii, mon Roméo !!! ») ! Vous n'y croyiez plus ? Avec Roméo sans Juliette – album foudroyant s'il en est ! –, le Bal des Trépassés l'a fait ! Et pour tordre le cou aux mythes poussiéreux (le beau Roméo n'attend que vous !), rien de plus simple : embarquez dès aujourd'hui pour un aller-simple à bord du train de 06h31, il vous mènera tout droit dans le repaire secret des Trépassés, cette contrée lointaine d'où paraît-il, on ne revient jamais... Enfin, sauf deux ou trois pommés. Paraîtrait qu'un gus qui ne lâchait jamais sa lyre sous prétexte qu'il causait aux chauves-souris s'est fait éjecter illico-presto comme Assurancetourix, hop, chez les Grecs, enfin les Gaulois, bref. Qu'un gentil illuminé qui s'entravait sans cesse dans sa barbe (ou ses cheveux, les sources diffèrent sur ce point) bouffait tellement de pommes qu'on l'a expédié ad patres, et paf, direct dans les nuages. Mais Roméo, c'est différent, il était prêt à tout pour se faire la malle. Bon, il y a bien quelques mauvaises langues qui prétendent qu'une certaine Juliette en aurait eu ma claque de ses sérénades incessantes et l'aurait envoyé au diable, mais bon, on a quand même du mal à y croire... Non ?

vendredi 20 avril 2012

Moran, Mammifères

Moran, MammifèresAvec son deuxième album Mammifères, Moran nous chavire à nouveau de sa belle voix grave, rauque et douce à la fois. « Bête retardataire », « pauvre petit mammifère », ce bel animal des pays froids se nourrit de poésie, de musique folk et de chanson française. Son univers feutré glisse comme une caresse, apaisant, palpitant. Un album à écouter un soir d'hiver du fond d'un bon bain chaud pendant que dehors, la tempête fait rage.

jeudi 19 avril 2012

Yoanna en session acoustique

Yoanna en session acoustiqueC'est sur la mezzanine du Divan du Monde que nous rejoignons Yoanna quelques heures avant son concert parisien. Entre deux réglages de son pour la balance, elle s'installe avec Marion Ferrieu (au violoncelle) sur l'une des vieilles banquettes en velours. Tout autour, dans la pénombre, d'étranges reliques brillent dans de larges vitrines comme autant de trésors : Chantal Goya y côtoie des familles entières de chatons, des bébés crient, pleurent et rient, des figurines religieuses prient en silence... L'accordéon sur les genoux, Yoanna (Ceresa, de son nom complet) échange un regard complice avec sa musicienne ; c'est parti ! Au programme de cette session acoustique aussi joyeuse qu'émouvante, Grenouille, une chanson extraite du nouvel album de Yoanna, Un peu brisée.

mercredi 18 avril 2012

Interview de Mirel Wagner, ange ou démon

Mirel WagnerSamedi 24 mars, Théâtre de la Cité Internationale, Paris. Seule avec sa guitare, Mirel Wagner ouvre une nouvelle soirée placée sous le signe de Vénus au Festival Les Femmes s'en mêlent. Dès les premiers arpèges égrenés dans un silence sépulcral, presque oppressant, la jeune finlandaise happe son public, aux anges, pour le plonger dans son univers sombre et âpre, aussi fascinant qu’étonnamment dépouillé. La salle respire à peine, la magie opère, déferle dans la pénombre en traînant dans son sillage l'enivrante mélancolie du blues des années 30, poignante et lumineuse. Après le concert, c'est dans la cafétéria de la Cité Universitaire investie par les étudiants que nous retrouvons Mirel Wagner qui nous parle de son premier album, mais aussi d'inspiration, de violon et de guitare, de chansons bébés, de simplicité, de Leonard Cohen et de Nick Cave and The Bad Seeds, de Son House et de Memphis Minnie, de guitariste virtuose et de bloggeur dénicheur de talent, d'Edgar Allan Poe et de Kafka, de Yeats et de Baudelaire... Interview de Mirel Wagner, l'ange noir tombé de Finlande.

mardi 17 avril 2012

Revolver reprend les armes : interview exclusive

Revolver reprend les armes : interview exclusiveEn cette fin d'après-midi de mars, c'est sur les toits ensoleillés d'EMI Music que nous retrouvons les trois garçons de Revolver, Ambroise Willaume (chant, guitare), Christophe Musset (guitare, chant) et Jérémie Arcache (violoncelle, chant). Entre showcase, presse et shooting photos, ils nous parlent de leur dernier album Let go, de tournées, de voyages et de bus, mais aussi de famille, de fratrie et de triplets, d'Amérique, de rencontres et de changements, de Wes Anderson, de Spielberg et de Cassavetes, des Bretons et de Mars, de lâcher prise et d'un homme qui se balade un peu partout pour se photographier nu, des Vieilles Charrues et d'énergie... Interview exclusive de Revolver, un groupe en plein boum à suivre sur les routes de l'Ancien et du Nouveau continents !

lundi 16 avril 2012

Mauvais Présage

Le Radeau de la Méduse, GéricaultDes naufrages torturés de Turner à Robinson Crusoe (Daniel Defoe), de l'Iliade et l'Odyssée (Homère) aux récits de voyages de Stevenson et de Conrad, des nouvelles d'Edgar Poe aux Yeux d'Elsa (« Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa, sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent, moi je voyais briller au-dessus de la mer, les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa », Louis Aragon), du Radeau de la Méduse (Géricault) à Moby Dick (Melville), la littérature comme les arts graphiques dépeignent la puissance dévastatrice de la mer, et la peur, omniprésente, des marins comme de leurs épouses, restées à terre.

Thea Hjelmeland, Oh, The Third...

Thea Hjelmeland Avec Oh, The Third..., Thea Hjelmeland bouscule les frontières de la pop. Quand on lui demande quel est le style de sa musique, la jeune chanteuse répond qu'elle fait de la « pop acoustique bleue ». Et lorsque l'on écoute ses chansons mâtinées d'envolées folkloriques, ruisselantes de jazz enfumé et noircies aux démons du blues, on se dit qu'il fait sacrément bon dans les profondeurs azurées de l'univers musical de la jolie norvégienne.

dimanche 15 avril 2012

Internet en 3D, comment ça marche ?

Internet en 3D, comment ça marche ?Le monde qui nous entoure ne manque pas de relief, mais que dire des écrans qui, peu à peu, occupent une place prépondérante dans notre vie (qu'ils tiennent au creux d'une main ou sur un buffet) ? Ils sont plats, définitivement plats. Et si certains (consoles de jeu, ordinateurs, téléviseurs) sont d'ores et déjà capables de restituer une illusion de relief sans que l'on ait même à porter de lunettes 3D, ce n'est pas, aujourd'hui, le cas de la plupart des appareils que nous utilisons. Alors en attendant que tout le monde, devant son poste de télévision comme derrière son ordinateur, bascule dans la 3ème dimension (dans 1 an, 5 ans, 10 ans ?), la Toile de Pandore vous propose un avant-goût des réjouissances à venir en ajoutant du relief aux images et aux vidéos, grâce à la technologie anaglyphe. Surfer en 3D, c'est aussi voir le monde autrement. Plonger dans un autre univers, l'univers des possibles, tout en s'amusant. Changer de perspective pour appréhender les choses différemment. La Toile de Pandore se tisse dans l'espace, en voici le mode d'emploi !

vendredi 13 avril 2012

L'exposition Artemisia au Musée Maillol

Artemisia au Musée MaillolJusqu'au 15 juillet 2012, c'est à Paris, au musée Maillol que vous pourrez, le temps d'une exposition, partager le quotidien de la mythique Artemisia Gentileschi. Connue tant pour son talent précoce, les événements dont elle fut l'infortunée victime, sa personnalité bien trempée, son troublant magnétisme, que pour l'extraordinaire émancipation dont elle fit preuve pour s'adonner corps et âme à sa passion, la peinture, cette célèbre artiste du XVIIème est fascinante à plus d'un égard. Et lorsque l'on sait dans les plus grands musées du monde, ses toiles se comptent souvent sur les doigts d'une main, on apprécie d'autant plus l'énergie qu'il a certainement fallu déployer pour monter une exposition de cette envergure qui présente, entre autres curiosités, un nombre considérable de tableaux provenant de collections privées. Une occasion unique, donc, de découvrir dans les semaines qui viennent une artiste qui n'a retrouvé ses lettres de noblesse que récemment, après trois siècles de mise à l'index sous prétexte... qu'elle n'était pas un homme. Première rétrospective française à rendre hommage à cette figure essentielle de la peinture baroque, l'exposition Artemisia (1593 / 1654), Pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre s'annonce comme l'une des plus riches de la saison.

jeudi 12 avril 2012

Marc Fichel, je te donne... la patate

Marc FichelQu'on se le dise, Marc Fichel ne fait rien comme tout le monde : chanteur le jour (alors qu'il n'aime pas sa voix), grossiste en patates la nuit (sur le marché de Rungis, entre deux gousses d'ail), il aurait très bien pu rester au Club Med avec ses copains GO (et les ravissantes vacancières), apprendre le solfège, être dentiste comme papa et maman, jouer du piano debout... Mais non, cet inconditionnel de Jean-Jacques Goldman exporte des pommes de terre par caisses entières (camions ?), compose sans cesse (entre deux commandes, dans la rue, dans l'avion, en interview ?), joue du piano en parfait autodidacte (lire une portée, pour quoi faire ?), tapote sur un Iphone en parlant de Blackberry, fait un tabac sur scène (sans y croire, et pourtant !), et cartonne sur le web (300 000 vues pour un premier clip fait maison, c'est plutôt pas mal !). Aujourd'hui, le trublion de Rungis nous livre un premier EP mitonné aux petits oignons, fort de 6 titres accrocheurs qui vous donnent une patate d'enfer : l'entraînant Blackberry déprime vous emmène dans la ronde ; le survolté Comme un gimmick ressuscite le Michel Berger des années 70 ; C'est ma vie dans les halles joue la carte cabaret dansant « aux portes de Paris, les clefs d'un Paradis » ; la balade Piano voix, chantée en duo avec Nourith, mêle piano et violon ; La fille aux yeux qui parlent relance la machine (« je t'ai connue en un seul clic ») ; et L'ange qui passe, tout en douceur, clôt le disque « entre ciel et terre ».
Mais pour nous parler de ce premier disque, laissons la parole à son grand manitou, Marc Fichel : c'est qu'entre Baudelaire et les Enfoirés, Bénabar et Charles Trenet, les halles et l'EDHEC, les histoires de clous mal plantés et de places de concert déchirées, d'addiction et de réseaux sociaux, l'interview au café du coin ne manque pas... de patate.

 
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