
Qu'on se le dise, Marc Fichel ne fait rien comme tout le monde : chanteur le jour (alors qu'il n'aime pas sa voix), grossiste en patates la nuit (sur le marché de Rungis, entre deux gousses d'ail), il aurait très bien pu rester au Club Med avec ses copains GO (et les ravissantes vacancières), apprendre le solfège, être dentiste comme papa et maman, jouer du piano debout... Mais non, cet inconditionnel de Jean-Jacques Goldman exporte des pommes de terre par caisses entières (camions ?), compose sans cesse (entre deux commandes, dans la rue, dans l'avion, en interview ?), joue du piano en parfait autodidacte (lire une portée, pour quoi faire ?), tapote sur un Iphone en parlant de Blackberry, fait un tabac sur scène (sans y croire, et pourtant !), et cartonne sur le web (300 000 vues pour un premier clip fait maison, c'est plutôt pas mal !). Aujourd'hui, le trublion de Rungis nous livre un premier EP mitonné aux petits oignons, fort de 6 titres accrocheurs qui vous donnent une patate d'enfer : l'entraînant
Blackberry déprime vous emmène dans la ronde ; le survolté
Comme un gimmick ressuscite le
Michel Berger des années 70 ;
C'est ma vie dans les halles joue la carte cabaret dansant « aux portes de Paris, les clefs d'un Paradis » ; la balade
Piano voix, chantée en duo avec
Nourith, mêle piano et violon ;
La fille aux yeux qui parlent relance la machine (« je t'ai connue en un seul clic ») ; et
L'ange qui passe, tout en douceur, clôt le disque « entre ciel et terre ».
Mais pour nous parler de ce premier disque, laissons la parole à son grand manitou, Marc Fichel : c'est qu'entre Baudelaire et les Enfoirés, Bénabar et Charles Trenet, les halles et l'EDHEC, les histoires de clous mal plantés et de places de concert déchirées, d'addiction et de réseaux sociaux, l'interview au café du coin ne manque pas... de patate.